LATE WORKS

JUDIT REIGL

Janos Gat Gallery

13 SEPTEMBRE - 06 Octobre 2018

COMMUNIQUé DE PRESSE   

                                                               

"LATE WORKS"

JUDIT REIGL

Janos Gat Gallery

 

PRISME a le plaisir d’inviter la Janos Gat Gallery pour son exposition

JUDIT REIGL

LATE WORKS

 

Présentant les dernières toiles monumentales de Judit Reigl :

Déroulement (phase IV- anthropomorphie), 2008

11 septembre 2001, 2007

Oiseaux, 2011

Du 13 septembre au 06 octobre

 

« Le fondement essentiel de toute démarche créatrice est le désir désespéré de détruire les contradictions et les limites de l’existence personnelle, humaine et cosmique et de s’étendre par une révolution permanente. »

 

Judit Reigl

Artiste en marge des modes, Judit Reigl puise dans les expériences les plus profondes de son existence pour développer une réflexion très vaste et complexe sur l’humain. A la recherche d’essence et d’absolu, son œuvre témoigne de l’inconnu. Peintre libre, exigeante et audacieuse dotée d’un large champ d’expérimentation et d’une jeunesse permanente, elle fait inlassablement courir son geste qui, selon les besoins des cycles qui jalonnent son travail, s’arrête sur des figures ou s’avance comme une ligne infinie et transcendantale sur la toile.

 

Tout gravite chez Judit Reigl, tout se déroule dans un espace-temps aussi infini qu’indéfini. Son geste se déploie sur des toiles libérées de tout contexte, de toute temporalité, ce qui transmue ses formes abstraites ou figuratives en éléments universels. L’artiste s’exprime dans un mouvement permanent et toujours renouvelé. Ses gestes, suivant la logique de leur propre « hasard objectif », apparaissent dans ses peintures comme un équilibre entre le processus et ses intentions. Elle transforme ainsi, à la manière d’une chamane, ses conceptions humaines et métaphysiques, issues des tourments et de l’intensité de sa propre vie, en une définition cosmique.

 

Thème et motif sous-jacent dans tout son travail, le vol est ici figuré par les oiseaux. Ces derniers permettent à l’artiste de s’incarner et de s’échapper. Ils symbolisent l’envol funèbre de son geste, comme un adieu à son cycle des écritures en masse qui se libère de sa génitrice pour partir explorer d’autres cycles. Avec cette manière, qui la rattache à la fois à l’Expressionnisme Abstrait américain et à l’écriture automatique du Surréalisme, elle tire une synthèse affranchie de l’onirisme et de l’inconscient pour aboutir à une manière aidée par les forces primordiales du corps qu’elle habite. 

Les corps d’homme sont eux issus d’une vision survenue à la lueur du crépuscule, à Rome en 1947, qui marqua profondément Judit Reigl. Elle vit un individu dont la situation ambiguë, impossible à croquer, faisait de lui la définition même de l’homme et de sa condition : le corps, à la fois debout sur le sol et en flottaison, semblait tout autant sortir que rentrer d’un passage dont la destination — ou la provenance — paraissait inconnue. Cette vision dont fut témoin l’artiste est ensuite réapparue en 1991 dans une toile qui devint la genèse de ses six séries d’hommes en apesanteur où l’humain est dépeint dans tout ce qu’il a de plus sublime et de plus tragique. Difficile de savoir si ces silhouettes s’élèvent, chutent ou flottent ou bien même les trois à la fois. Mais leur anonymat, tout comme l’absence de contexte, en font des personnages éternels. 

 

Le pentaptyque Déroulement (phase IV - anthropomorphie), plutôt méditatif et solennel par ses tonalités sombres, montre des corps qui se répandent dans le cosmos vers une destinée au-delà des conceptions humaines. Cet ensemble de toiles contraste avec une autre peinture issue de la série plus ancienne New York, 11 septembre 2001. Plus violente et dramatique, cette dernière œuvre évoque les corps qui s’élancent dans le vide vers un destin tragique. La matérialisation de ce thème qu’avait traité Judit Reigl quelques années plus tôt lui a ainsi permis de revenir, avec une posture différente, sur sa quête visant à percer les mystères de l’existence. 

 

Alexandre Lorquin